JOHN MODERNO
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John Moderno est un artiste français d’origine ukraino-catalane. Professeur d’écritures artistiques à la Haute Ecole d’Art (HEART) durant dix ans, il a développé, à travers une exploration poétique et théorique des nouveaux médias, des formes discrètes d’intervention artistique (tracts, lectures mixées, expérimentation sonore, chanson, videotextes, performances, enquêtes photographiques). La question de la transmission est centrale dans ses recherches. A travers plusieurs formes d’Ecoles (Ecole du mouvement, Collège Métabolique, Fabrica Mundi, Groupe Recherche Création Essai, etc…) il crée un lien entre sa passion de l’enseignement artistique et son travail d’artiste. La réflexion qu’il mène depuis une quinzaine d’années sur la pédagogie de l’essai, le pousse aujourd’hui à penser des dispositifs pour produire de l’attention, individuellement et collectivement. Le projet qu’il débute à Bolit, s’inscrit dans une perspective d’expérimentation sociale et artistique.

 

 

Supported Bòlit, Centre d’Art Contemporani. Girona

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Dieu et les détails

16/04/2018 18:52:51
Ce qui m'intéresse chez Warburg, c'est les concepts de survivance et de migration des images. La renaissance envisagée comme réactivation des images de l'antiquité marque aussi une volonté de s'extirper du Moyen-Age et de se hisser vers la modernité. Warburg est un homme du passage, comme Benjamin. Ce n'est d'ailleurs pas le seul poin...Lire la suite
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LES ESSAIS

Poétique de la complexité

20/03/2019 16:14:23

J'ai placé ma recherche sous le titre d'un texte d'Adorno : L'essai comme forme. Ce qui, pour moi, fait la modernité de l’essai, c’est sa rupture radicale avec la prétention totalisante du traité. Il s’invente une trajectoire parmi les signes. Le monde s’offre à lui dans sa diversité inachevée comme un vaste inventaire de possibilités. L’essayiste ne choisit pas entre le texte et l’image, entre la pensée et le geste. Tout est pour lui matière d’expression. Il ne prétend à rien d’autre qu’à la singularité de son propre point de vue. Il construit son regard et simultanément, expérimente un usage inédit des formes qui l’entourent. La complexité n’a plus, pour lui, ce caractère d’indéchiffrable étrangeté qui faisait planer, sur les entreprises intellectuelles des époques précédentes, la menace d’une erreur fatale qui fragiliserait tout un édifice de pensée. 

 

Le traité niait la complexité. L’essai la met en scène tout en renoncant à classer les objets d’étude qui jalonnent ses cheminements. Si l'essayiste opte pour le chaos, c'est en vertu  d’une pensée nomade, qui se cherche et se construit dans l’observation, mais aussi dans la mise en doute de ce qu'il observe. Tout devient instable, flottant, autour de lui. Il n’a d’autre recours que la poésie des liens pour s’accommoder de ce qui lui échappe. L’essai est une intelligence du monde, une approche poétique de sa complexité. Il capte. Il perçoit. Il écoute, sonde. 


Le monde est saturé de discours échappant aux organes de la parole. Chaque chose, chaque concept, le désordre impalpable de sentiments, l’inexprimé, l’invisible, le presque, l’à peu près parlent aussi. Ce qu’ils disent n’est pas réductible à des mots. L’art est sans doute le méta-langage à travers lequel les fragments d’une heureuse approximation viennent invalider toutes nos certitudes. La complexité est l’irréductible liberté qui fuit le silence immobile des définitions. Elle a le temps. Elle revient toujours à sa propre source pour invalider son propre reflet dans le miroir de la connaissance. Elle occulte mieux qu'elle ne révèle. Il en va de même pour toute chose, tout être, toute idée. Rien ne se laisse jamais déplier totalement. Un seul plan s’avère aujourd’hui incapable à exposer le principe des choses complexes. Réduction ! réduction ! Ce serait encore réduction. C’est dans la profondeur pluri-stratifiée du devenir que le monde peut être appréhendé, à la condition toutefois que l’on prenne en considération le fait qu’un seul point de vue sur cette chose, ne suffise pas à la cerner, mais aussi que cet être, que l’on entend juger, puisse appartenir à plusieurs temps, en amont et en aval des faits qui l’exposent ; que cette idée qui fait débat puisse être déformée au regard des circonstances, au point d’engendrer son exact contraire, sans changer de nom.

 

Un jour, tout devint peu. Le spectacle de la connaissance, mis en scène dans le théâtre de Camillo, se retourna contre son inventeur et contre la connaissance du temps qui y était exposée. Tout était trop étroit. Ce spectacle organisé pour un regard unique et souverain, où toute connaissance humaine se verrait assigné un siège immuable dans l’hémicycle silencieux des choses sues et transmises, n’a tenu ses promesses que dans le temps des déceptions ultra-rapides. La surprise dépassée - fugitive ivresse de l’hégémonikon - le cœur était impuissant à classer dans les travées de son théâtre, les nouvelles questions qui se présentaient à lui. Ce fut un grand deuil magique. Non, les choses de l’esprit ne se déplient pas comme les voiles d’un navire pour expliquer où le vent nous porte. Non, les complexités de l’âme et du temps ne se couchent pas sur un seul plan, quand les grandes armoires à linge du savoir se referment sur des piles bien odorantes de linceuls blanchis et repassés, prêts à l’emploi.

 

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