JOHN MODERNO
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John Moderno est un artiste français d’origine ukraino-catalane. Professeur d’écritures artistiques à la Haute Ecole d’Art (HEART) durant dix ans, il a développé, à travers une exploration poétique et théorique des nouveaux médias, des formes discrètes d’intervention artistique (tracts, lectures mixées, expérimentation sonore, chanson, videotextes, performances, enquêtes photographiques). La question de la transmission est centrale dans ses recherches. A travers plusieurs formes d’Ecoles (Ecole du mouvement, Collège Métabolique, Fabrica Mundi, Groupe Recherche Création Essai, etc…) il crée un lien entre sa passion de l’enseignement artistique et son travail d’artiste. La réflexion qu’il mène depuis une quinzaine d’années sur la pédagogie de l’essai, le pousse aujourd’hui à penser des dispositifs pour produire de l’attention, individuellement et collectivement. Le projet qu’il débute à Bolit, s’inscrit dans une perspective d’expérimentation sociale et artistique.

 

 

Supported Bòlit, Centre d’Art Contemporani. Girona

MODERNO PAPERS

Une pratique de l'essai

19/03/2019 13:31:44

Il ne s’agit pas de déployer des idées et des formes dans un plan qui en délimiterait l’usage ou l’inscription, s’attachant à définir ou redéfinir un certain nombre de concepts, de pratiques, de champs, de visées intellectuelles ou morales, en se conformant à un état du savoir, à des classifications reconnues et admises, à un air du temps qui rendrait obligatoire telle ou telle référence et exclurait telle autre par principe ou dans un soucis de normalité. 

 

Il ne s’agit pas d’écrire un traité sur l’essai ou d’en donner un aperçu suffisamment juste pour que l’impression d’en avoir fait le tour nous effleure. 

 

Mon intention est justement de n’en rien cerner, mais plutôt de partager ici ma fascination pour l’ouvert, l’instable, le mouvant, l’incertain, l’approximatif, le fragmentaire, le lacunaire de l’essai. 

 

Il est bon aujourd’hui que certains objets nous échappent, qu’il y ait, au cœur de notre savoir une zone d’incertitude créatrice, une réserve d’intelligence sensible aux variations climatiques de notre environnement social, politique, culturel, humain, à l’évolution du langage et des mœurs, à l’impression si largement partagée aujourd’hui d’une fragilité de destin personnel et collectif qui pourrait nous faire basculer dans une vie nouvelle dont nous ignorons tout et dont nous percevons avec une certaine acuité les dangers immédiats. 

 

A travers l’essai, dans sa libre progression parmi les objets dont il s’empare, comme dans une dérive au cœur de la ville, quelque chose se dit des contraintes auxquelles se heurte la pensée et des transgressions auxquelles elle doit se résoudre pour franchir ses obstacles. 

 

C’est un voyage d’étude sur des terres trop connues, arpentées par tant d’esprits brillants qui ont cru pouvoir fixer leur trajet, en faire des autoroutes ou des itinéraires bis. 

 

Nous emprunterons ici quelques sentiers déserts, peu fréquentés, peu rapides, nous attardant sur un lézard à collerette, qui n’a rien à faire sous nos cieux ou sur les ruines d’un village abandonné, faute d’eau. Rien ne saurait nous distraire de la nécessité pour nous de verser nos désirs dans les formes de l’interrogation, n’acceptant rien pour établi, définitif, sûr. 

 

Mais cet inconfort du précaire, ce déséquilibre permanent qui est la toile de fond de toutes nos tentatives, nous incite à une certaine prudence. A l’instar du stalker, dans les friches incertaines de la zone, c’est en jetant des cailloux devant nous que nous appréhendons si la voie qui s’ouvre devant nous nous est offerte, ou s’il vaut mieux rester en arrière. Une chose est sûre : Partir est impossible et attendre encore nous exposerait à renoncer à nos désirs. 

 

Le développement d’une pensée regarde son auteur, pris dans la négociation permanente du courage et de la peur, du risque et de la prudence. Il va vers ses désirs avec un regard d’enfant, cherchant à résoudre son énigme intime, sans avoir jamais la certitude d’y parvenir un jour.

 

C’est une progression dans un paysage de brumes qui ne livre aucun indice sur le trajet parcouru sinon le temps que l’on a mis pour arriver au milieu de nulle part et la fatigue que le corps et l’âme peuvent éprouver de se savoir toujours exposés aux rigueurs de l’incertain, sans pouvoir préjuger de la distance restante et de ce qu’on trouvera au terme de la marche.

Publié par Moderno •   Ajouter un commentaire  0 commentaires





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