JOHN MODERNO
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Un texte magnifique de 2008 : La vie sur terre, de Baudoin de Bodinat. Des images sans qualité, issues de films amateurs de l'année 1978, ma voix au service du texte. Quelque chose se passe dans cet écart entre ce qui est vu et entendu, qui opère un peu comme une image dialectique. Les années 70 c'est notre Eden à nous, qui sommes pris dans les désillusions des années 2010. Maintenant peut se déployer la poésie de la perte. Qu'avons-nous donc perdu durant toutes ces années ? Ce peu d'avenir qu'il nous reste, quel usage en faisons-nous dans les débris du bonheur passé ? La delectatio morosa qui parcourt ce texte, comme chez Cioran, ne nous laisse que peu d'espoir. Seul le style  - qui est révolution - peut nous soulever contre notre condition présente. Ce style retrouvé qui exprime, dans la langue onctueuse des rêves baroques, nos peurs et nos impuissances.

 

Un texte magnifique de 2008 : La vie sur terre, de Baudoin de Bodinat. Des images sans qualité, issues de films amateurs de l'année 1978, ma voix au service du texte. Quelque chose se passe dans cet écart entre ce qui est vu et entendu, qui opère un peu comme une image dialectique. Les années 70 c'est notre Eden à nous, qui sommes pris dans les désillusions des années 2010. Maintenant peut se déployer la poésie de la perte. Qu'avons-nous donc perdu durant toutes ces années ? Ce peu d'avenir qu'il nous reste, quel usage en faisons-nous dans les débris du bonheur passé ? La delectatio morosa qui parcourt ce texte, comme chez Cioran, ne nous laisse que peu d'espoir. Seul le style  - qui est révolution - peut nous soulever contre notre condition présente. Ce style retrouvé qui exprime, dans la langue onctueuse des rêves baroques, nos peurs et nos impuissances.

 

Dans les années 2000, à l'Ecole d'art de Perpignan un très beau projet a vu le jour dans le cadre du dispositif art à l'hôpital. Il était porté par Isabelle, un des profs les plus dynamiques de l'école.Ce film que j'ai réalisé avec quelques amis comme Victoria Vachtchouk, Nicolas Daubanes et Elric Dufau, témoigne des expériences riches qui furent tentées et réussies, auxquelles les étudiants furent largement associés.

 

Nicolas Daubanes, avec "Cosa mangiare" au Centre d'Art la Cuisine, a proposé, suite à des ateliers menés à la prison de Montauban, de reproduire un certain nombre de recettes de prisonniers. Avec ce film, j'ai essayé, à l'appui de son travail d'artiste, de développer, sur le mode de l'essai, une réflexion personnelle sur la logique de réappropriation à l'oeuvre dans la cuisine des prisonniers.

 

La bande son est le témoignage d'une lecture que j'ai donnée à Paris 8 en 2016, dans le cadre de Zone Intermédiaire, un projet d'expérimentation radiophonique. C'est un live réalisé selon ma technique de book-jaying. Les images sont d'un ancien clip d'un groupe d'electroclash que nous avions, Elric, Johanna et moi. Il s'agit d'un diaporama des maisons d'une résidence de Torreille plage, en forme de soucoupes, dont l'architecte est un certain Merlin. En jouant avec les superpositions et les récurrences, j'ai voulu que l'image réagisse à certains événements sonores, qu'elle soit intermittente et obsessionnelle.

 

Cette video a été réalisée par Marie Bousquet, étudiante de l'Ecole Supérieure d'Art de Pyrénées - site de Tarbes - avec mon aide pour le montage et le texte. Elle a été réalisée à l'occasion d'un workshop que j'ai donné dans cette école en Décembre 2018. Ces retrouvailles provisoires avec l'enseignement artistique ont été pour moi l'occasion de réaffirmer mes idées et de les mettre en oeuvre, en attendant de retrouver une mission d'enseignement plus pérenne. Un grand merci à lNicolas Daubanes qui m'a invité dans cette école à dimension humaine et bien sûr aux étudiants, pour leur belle présence et les propositions de qualité qui ont émaillé cette semaine de production.

 

Video réalisée lors de mes études à l'ESAP, dans le cadre du dispositif "art à l'hôpital". Il s'agissait de projeter "L'année dernière à Marienbad" à des patients du V120, souffrant d'alzeimher, à l'hôpital Saint Jean de Perpignan. Le projet repose sur une mise en abîme de l'atelier dans le film. Il est question ici des noces impossibles de la mémoire et de l'oubli.

 

En 1991, je vais à Tchernobyl, dans le cadre d'une action humanitaire. La catastrophe a eu lieu cinq ans auparavant. Dans la zone, nous rendons visite aux habitants d'un village appelé Opatchitchi. Les habitants se réunissent dans un abris-bus qui ne mène plus nulle part pour attendre le plateau repas que l'administration de la zone leur livre chaque jour. L'explication du guide est saisissante : "Les gens qui vivent ici sont très heureux. C'est comme s'ils n'existaient pas." C'est avec ces mots qu'on me présente alors un par un, les habitants du village. Cette rencontre marquera mon engagement en faveur de l'Ukraine, où je vivrai sept ans, de 1991 à 1997. Durant ces sept années, je participerai à l'Indépendance, au chantier de la Constitution et je deviendrai artiste.

 

Dans les quelques rues du centre ville, plus de 300 boutiques fermées. Un désastre social, économique, politique et humain.

 

Mon camarade des beaux arts, Landry, sur lequel j'ai fait courir mon poème sur le Golem, a été bien patient. Je n'ai actuellement que ces maigres images. Un jour peut-être je retrouverai la video d'origine.

 
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