JOHN MODERNO
WOLKONSKY.ORG
Bataille, 2011

Videotexte réalisé à partir d’un cut-up de 2004.

Invisible silence, 2010

Tentative de videotract. Il s'agit d'une phrase prononcée par Marie-José Mondzain lors d'une table ronde de Visa pour l'image, le Festival International de Photo-journalisme de Perpignan, en 2004 ou 2005, je ne sais plus.

Décorateur, 2004

J'ai réalisé ce vidéotexte à partir d'un cut-up, dont la matière première est faite d'articles issus de magazines que l'on trouve dans les salles d'attente. Il y a un caractère impératif dans cette littérature du conseil ménager et de l'horoscope. Il faut acheter ceci, rénover cela, se méfier des inconnus... Ces petits ordres s'additionnent pour nous conditionner et nous transforment en décorateurs d'un réel appauvri.

Les moutons de Mongolie intérieure, 2010

Vidéotexte réalisé à partir d'une collecte de légendes de photographies exposées à Visa pour l'image, festival international de photo-journalisme de Perpignan. Je n'ai retenu que l'évocation des lieux décrits dans la photo.

Exemples d'incompréhension mutuelle

Il y a tellement d'occasions de comprendre autre chose, ou de ne pas comprendre du tout. Les malentendus nous forgent une raison fautive. C'est infernal. Et finalement qu'avais-je donc à perdre ? Y avait-il vraiment quelque chose à comprendre ? N'ai-je pas raison toutes les fois que je crois comprendre, même si c'est à côté, même si c'est faux ?

Lifting, 2010

Videotract anti-vieillissement. Plus efficace que les crèmes de nuit, beaucoup moins cher et douloureux qu'un peeling.

L'enfant intérieur, 2010

Souvenirs de rivière et d'enfance, dans la lumière de midi. Le texte est de moi. Il est extrait du "Pilatus". La boucle emprisonne ici un élan. Un projet utopique, c'est sans doute cela : un élan prisonnier d'une boucle.

L'homme et le peintre, 2010
No comment
Delectatio Morosa, 2010

Ce texte de Maurice Blanchot extrait de "L'arrêt de mort" exprime avec force cette délectation morose, mélancolie malative des âmes, sentiment vide, fascination pour la nuit.

Collaboration, 2004

Il s'agit de collaboration interprétative. Cette vidéo fonctionne comme un piège. Dès l'activation de la touche play, le consentement, l'adhésion, la collaboration du regardeur est reconnue. La plupart du temps, dans les dispositifs manipulatoires, qu'ils soient poltiques, publicitaires ou religieux, la captation du regard est la première étape d'un assujettissement librement consenti.

Chaos, 2011
A n'importe qui, 2011
Petite ignominie iconoclaste, ou plutôt visioclaste
Le sens et l'utilité, 2005
Cette citation de Wittgenstein est la devise d'artistes comme Rirkrit Tiravanija.
Lhomme descend du nu, 2005

Un singe dans l'escalier !

Le temps vécu, 2011

Un videotexte en forme de vanité, ou le contraire...

Le temps vécu, 2005

Le temps sculpté. Tout vient de là.

Delay on a screen, 2011
Un retard sur un écran. Massacre de la matière numérique. Basse résolution. Fluidité du non sens.
Fuscum subnigrum, 2004

Le fond obscur de toute chose, arrière plan de toute visibilité.

Vie active, 2010

Ce videotexte est monté sur un cut up de formulations publicitaires, toujours impératives, dans lequel viennent s'immiscer deux mots : violence et sexe.

Too late, 2010

Il n'est jamais trop tard pour être en avance.

Geste absolu, 2004

Lenteur relative

Désordre et matière

Matière à désordre

Souvenez-vous, 2005

De quoi se souvenir ?

Trespassing, 2010

Passer ou passer ?

Rue Foch, 2010

Extrait de Legenda, revisité sous forme de légende en 2010. Il s'agit des émeutes de Perpignan en 2005, et de celle qui n'ont pas eu lieu en 2016, pour empêcher la fermeture des Beaux arts, rue Foch.

Pluie de météorites, 2010

Au large des côtes finlandaises, en 2010, ...

Vous mourez, 2010

Vous étiez dans la légende de cent mille photos, parcourant le monde en victime universelle. J'ai croisé votre regard à visa pour l'image, dans cette horrible ville de Perpignan, qui n'aime pas les artistes...

Do not enter, 2010

De l'autre côté de l'écran, un texte se cogne à notre refus. De l'autre côté du refus, un texte se cogne un écran.

Activation de mémoire, 2010

Encore un bon petit piège...

Vie et mort de l'image, 2010

On peu légitimement se demander ce qui survivra de toutes ces visibilités qui nous assaillent du matin au soir, tous ces visages, ces scènes de guerre, ces leaders qui ne contrôlent plus rien et surtout pas eux-mêmes, ces paysages de ruines, ces prouesses technologiques, ces fond d'univers scrutés avec tant d'attention quand on n'est même plus capables de voir un oiseau sur une branche...

Tremblement de texte, 2010

Très littéral, tout de même.

Retard, 2010

Je m'amusais à débuter certains cours avec ce vidéotexte, pour piéger les étudiants retardataires !

Photo et publicité

Petit coup de griffe au photojournalisme.

Petits groupes mobiles, 2010

Emeutes de Perpignan

Oeuvre des yeux; 2010

Ouvre les yeux. Au-delà des peines du monde s'effacent plaisirs, colères et si tu regardes en earrière, tu ne devines que des empreintes. Rien n'évoque mieux ton renoncement que le souvenir de tes pas.

 
VIDEOTEXTES
 

Les videotextes, avec un soucis d’économie formelle et un zeste d’humour, tentent de modéliser différents types de coopération interprétative. Ils constituent une espèce d’aérobic de l’imagination. Ils postulent la coopération du lecteur, comme condition de réactualisation. Le jeu est réactivé à chaque fois : il faut développer une stratégie du regard, déjouer des pièges, mais est-ce vraiment possible ?

 

On peut subir passivement ces bandes annonces d’un film à jamais différé, mais fondamentalement, elles appellent une réponse de la part du lecteur, qui doit remplir les espaces de non-dit ou de déjà dit. Le film, c’est donc le lecteur qui l’écrit avec ses propres images, son propre scénario. L’auteur ne s’autorise qu’à spéculer sur ses mouvements, comme dans tout jeu de stratégie.

 

Le texte est, selon Umberto Eco, « un tissu d’espaces blancs, d’interstices à remplir . C’est un mécanisme paresseux ou économique qui vit sur la plue-value de sens introduite par le destinataire ».

 

Avec l’apport des nouvelles technologies, on évoque de plus en plus le devenir image du texte. Le visuel, le gestuel, le sonore, ne peuvent plus être considérés comme des univers séparés. Dans notre univers technique, les canaux d’expression deviennent véritablement solidaires. Les pratiques nouvelles ont pour horizon la synergie multimodale. Ces vidéotextes peuvent être reçus comme des images de textes. Mais on peut y déceler autre chose : ils tentent de créer un rapport de complémentarité entre ce qui est donné à lire, à voir, à entendre et à ressentir. En définitive, c’est la coopération avec le lecteur qui constitue une écriture, « une machine présuppositionnelle », comme dit Umberto Eco.

 

Aujourd’hui, il ne suffit pas de cliquer sur des hyperliens pour qu’un nouveau type de littérature apparaisse. Il faut expérimenter les incidences de ces procédures sur les composantes même du texte. En art, c’est la même chose. Or aujourd’hui, le texte s’affranchit du livre. Il écrit la ville, la recouvre. Il colonise le paysage. Il brise les regards et les gestes. Il devient partition.

 

 

wolkonsky@hotmail.fr
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